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Et si la fin du risque était pour demain...

05 novembre 2019

 

Pas la forme ? Ça ira mieux demain. Dans le futur, on traite les épidémies avant qu’elles n’arrivent, on évite les ouragans avant qu’ils n’éclatent, on soigne les cancers avant qu’ils ne se développent. Ça donne quoi, une vie à l’abri du risque ?

 

Un monde sous monitoring

Qui sait de quoi demain sera fait ?” répétaient nos aïeuls. Parce que le futur était un parcours de saut d’obstacles à l’aveugle dans un dédale de risques et d’opportunités, il fallait quotidiennement s’assurer de limiter la casse. Mais ça c’était avant. Du haut du XXIème siècle, on commence maintenant à savoir de quoi demain sera fait. Big data, intelligence artificielle, technomédecine : la technologie repousse les limites des capacités humaines et chahute les professionnels de la santé et de l’assurance.

Grâce à l’étude des données de santé et de celles issues des objets connectés, la vie terrestre passe progressivement sous un monitoring permanent. Alors qu’il est depuis longtemps possible d’anticiper les épidémies de grippes en analysant les recherches effectuées sur Google (“fatigue”, “courbatures”...), des start-up se positionnent directement sur le créneau data + intelligence artificielle pour tracker les signes de futures maladies : c’est le cas de Lapetus Solutions, qui promet de connaître l’espérance de vie d’un individu au moyen d’un simple selfie. Leur technologie de reconnaissance faciale Chronos analyse les traits biologiques, génétiques et comportementaux et détermine le risque de mortalité pour décider de l'éligibilité ou non du candidat à l’assurance-vie. Ces innovations ont des conséquences directes dans le secteur des assurances : on n’analyse plus le passé d’un client via son patrimoine ou son historique, on préfère se pencher sur son quotidien, voire son futur en analysant les données qu’il produit quotidiennement.

 

Lapetus Solutions - Facial Analytics from ATTO MARKETING COMMUNICATIONS on Vimeo.

 

Pay as you risk

Petit à petit, des initiatives d’”assurance au comportement” voient le jour, encourageant les incursions dans le quotidien des assurés : aux États-Unis, Amazon propose par exemple de connecter les solutions de domotique (caméras, détecteurs de présence, alarmes…) à des compagnies d’assurances pour mieux protéger les logements des américains.

En Italie, BNP Paribas Cardif a également lancé une assurance habitation qui s’appuie sur la domotique en 2014. Baptisée H@bitat Homebox, ce produit de prévention embarque une box domotique, des capteurs de fumée, d’inondation et de panne de courant. En cas de soucis, une alerte parvient au client par SMS, mail ou téléphone. Résultat, 20% de sinistres en moins enregistrés par rapport à un produit classique.

Ailleurs, les capteurs s’invitent également dans nos voitures, pour s’assurer de la bonne conduite des chauffeurs, et des start-up montantes comme Otherwise et WeCover proposent de calibrer les prix des contrats d’assurance santé ou automobile en fonction des habitudes des individus. Le géant de l’assurance US John Hancock va même jusqu’à raboter les prix en échange de l’utilisation d’une montre connectée. En France, la loi Evin interdit pour l’heure aux assureurs de proposer une tarification basée sur les données comportementales relevées par les objets connectés, mais si la situation évolue, les assurés seront-ils prêts à partager leurs détails médicaux avec leur assureur ? Outre Atlantique, un récent sondage de Rock Health tend à penser que oui : 49% des personnes interrogées envisagent ainsi d’ouvrir leurs données de santé à leur compagnie d’assurance, contre 11% seulement à une entreprise tech. Reste à savoir quelle sera la réaction des individus dans le cas où un assureur s’associerait avec cette dernière ?

 

S’il serait tentant d’invoquer Big Brother à chaque nouvelle innovation faisant intrusion dans la sphère privée des individus, on peut aussi se réjouir que ces derniers se réapproprient leurs données de santé et leurs prises de risques. De combien cette séance de sport quotidienne allonge-t-elle mon espérance de vie ? Quel est le pourcentage de chance pour que ce tour du monde soit une réussite ? Parce que l’évaluation du risque est bouleversée par une nouvelle masse d’informations qui vient éclairer son appréciation, l’assurance devient progressivement une co-production entre assureur et assuré. Aux États-Unis, des assurances telles que Liberty Mutual ont ainsi adopté l’assistant vocal Alexa pour aider leurs clients à comprendre et comparer les offres, mais aussi à trouver un agent à proximité. En France fin 2017, 8 dirigeants de banques et d’assurances sur 10 avaient également déclaré avoir des projets d’agent conversationnels (assistant vocal ou chatbot) prévus pour 2018.

De quoi se rassurer également : l’accès aux données personnelles se fait par ailleurs par un processus de plus en plus sécurisé. Et grâce aux contrats intelligents de la technologie blockchain, les données des retards de vol ou intempéries naturelles sont automatiquement croisées avec les informations de l’assuré, et l’indemnisation se déclenche alors plus rapidement. Le tout de manière totalement sécurisée.

 

Un monde sans risque ne suffit pas

On l’aura compris : dans le futur, “mieux vaut prévenir que guérir”. Mais dans ce monde dépourvu d’aspérités, plus qu’à la “mort de la mort”, c’est à la fin des ennuis de manière générale auxquels il faut s’intéresser. Aux États-Unis, des chercheurs s’attaquent déjà aux cellules responsables du vieillissement et en France, le Dr. Newton Howard et sa start-up ni2o planchent sur un implant cérébral qui répare les fonctions défaillantes du cerveau. Une fois débarrassés des soucis liées à la fin de vie et aux désagréments quotidiens, l’existence ne deviendrait-elle pas un peu monotone ? Et si, au contraire, l’assurance de demain ne nous permettait plus de mettre en danger notre santé avec l’esprit tranquille ?

Personne ne voudra d’un futur aseptisé : les seniors préfèreront être divertis que soignés, les jeunes grisés que sécurisés, et les autres choisiront toujours un vrai challenge à une partie gagnée d’avance. Dans ce contexte, l’assurance devient un coach qui aide à choisir ses risques. Car cartographier ainsi les menaces avec précision, c’est aussi cibler les brèches à l’abri des aléas. Après l’ère du tech for good sera peut-être l'avènement du tech for bad : grâce au progrès, on pourra enfin prendre des “bons” risques... et s’en sortir.

Un tel système de gestion des dangers permettrait également de rééquilibrer la balance entre les différents types d’assurés, des plus costauds aux plus fragiles. En réduisant les risques des premiers grâce à la data, le secteur pourrait alors dégager une marge pour mettre en sécurité les seconds. Le taux de réussite de 90% de la jeune diététicienne qui fait son footing tous les samedis viendrait compléter celui de 10% du grand-père qui se bat contre son asthme. Le partage des risques et la mutualisation des coûts re-deviendraient alors plus que jamais la colonne vertébrale de l’assurance.

C’était écrit : comment les spécialistes du risque auraient-ils pu ignorer les technologies prédictives ? La mutation est en cours, et les professionnels de l’assurance doivent maintenant construire les bons garde-fous pour éviter les atteintes à la vie privée des assurés. Cela fait, ils seront plus que jamais un harnais quotidien pour permettre aux citoyens de se lancer pour un grand saut dans la vie, avec l’assurance du succès.

Présenté par Le Cardif Lab', en partenariat avec Usbek & Rica