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Les nouvelles technologies, le tournant de la Silver Economie

25 octobre 2016

Quand la vieillesse devient une source créatrice de valeur et de croissance, c’est tout le paysage économique qui se transforme. Fort d’un bouleversement démographique majeur, les seniors (au-delà de 65 ans) ont acquis un poids économique incontournable, et accompagner le vieillissement à l’ère numérique devient un véritable enjeu. Cette génération Silver exprime de nouveaux besoins, comblés par de nouvelles offres et produits, et ce sont toutes ces activités qui constituent la Silver Economie.

 

La Silver Economie, un segment économique en pleine explosion

Les seniors représentent déjà un potentiel économique énorme, puisqu’en Europe, le pouvoir d’achat des personnes de plus de 65 ans est estimé à 3.000 milliards d’euros1. L’importance de ce secteur ne fait que croître à mesure que le nombre de seniors augmente : les plus de 65 ans sont près de 900 millions dans le monde actuellement, et atteindront les 2 milliards à l’horizon 20502. En Europe, une personne sur 3 aura alors plus de 65 ans.

 

Avec cette évolution du profil de nos sociétés, la perception de la vieillesse change et des enjeux économiques de taille se cristallisent autour de la Silver Economie.

Les seniors représentent un réservoir de croissance pour de très nombreux secteurs (santé, service à la personne, domotique, habitation & sécurité, tourisme…), boostés par l’utilisation des “gérontechnologies”, des dispositifs technologiques innovants spécialement conçus à leur attention.

 

Les nouvelles technologies et les seniors, entre attirance et réticence

Le numérique est au cœur de cette silver révolution, et l’attrait des seniors pour le web et les nouveaux outils de communication le confirment. En fer de lance de cette transformation numérique, les objets connectés occupent une place de premier choix pour les professionnels et les spécialistes du secteur. Ces technologies révolutionnent le secteur de la e-santé et de l’assistance pour aider les seniors à « mieux vieillir ». Désormais des cabines de téléconsultation médicale ou des dispositifs de domotique connectée permettent au personnel de santé et à la famille de surveiller la personne âgée à distance et de lui garantir une vie autonome plus longtemps.

 

Pourtant, s’ils se sont pour la plupart convertis au digital (consommation du web, fréquentation accrue des réseaux sociaux), le chemin est encore long pour faire des seniors des fervents usagers des nouvelles technologies. 

L’exemple des smartphones est probant : si nous prenons l’exemple de la France, on compte 22 % d’utilisateurs chez les 60-69 ans, alors que le taux tombe à 5% chez les plus de 70 ans3. En comparaison, le nombre d'utilisateurs est estimé à 2,5 milliards de personnes fin 2015, soit 35% de la population mondiale4. L’intérêt est là, mais les pratiques tardent à suivre : d’après une étude du fabricant de smartphones Doro auprès de seniors de 5 pays européens5, près de 41% des seniors se disent « prêts à se mettre aux smartphones » mais hésitent encore par peur de ne pas savoir s’en servir.

 

De fait, les outils conçus à l’attention des seniors utilisent bien souvent des technologies dans l’air du temps. Pourtant, à l’usage, les produits ne se révèlent pas toujours adaptés, et soulèvent des réticences de la part des seniors qui restent encore peu familiers des nouvelles technologies, comme le souligne Frédéric Serrière, spécialiste en stratégie et économie du marché des seniors et du vieillissement démographique, dans son intervention retranscrite dans un article de l’Express : “Le problème, c'est que trop d'entreprises proposent des solutions où la personne âgée doit à la fois apprendre à gérer le produit et la technologie elle-même. Il ne faut pas oublier que les générations issues du baby-boom ont mis du temps à adopter internet. Ce n'est pas en quelques jours qu'un homme ou une femme de plus de 70 ans parviendra à faire la même chose."

 

Derrière les technologies, des enjeux de relation client

S’adapter aux besoins des seniors devient donc un enjeu de relation client, et les professionnels se mobilisent pour y répondre avec des outils en phase avec les usages des aînés.

 

D’une part, les fabricants s’emparent de ce marché prometteur en proposant de plus en plus de produits spécialement conçus pour les seniors, comme des tablettes ou des smartphones au design basique et aux fonctionnalités intuitives. En parallèle de la création d’outils personnalisés, la clé réside également dans l’accompagnement des seniors dans leur découverte de ces nouvelles technologies. De nouveaux choix professionnels se profilent pour les futurs actifs de la Génération Z, avec des postes de conseillers clients formés pour orienter les seniors vers les bons produits et les initier.

 

Les assureurs, acteurs essentiels de la Silver Economie

Le rôle des assureurs évolue naturellement à mesure que les perceptions autour du vieillissement changent et que l’espérance de vie s’allonge. La question de la prévoyance et de la gestion du risque amène le monde de l’assurance à anticiper de nouvelles offres, nourries par l’influence des nouvelles technologies, à l’image des assurances habitation nouvelle génération intégrant des dispositifs de domotique connectée.

BNP Paribas Cardif se place en observateur de ces évolutions du “bien vieillir” avec deux sites complémentaires : Génération Care aborde les enjeux sociétaux de la Silver génération, tandis que la Retraite en Clair aide via ses actualités et son simulateur les Français à bien aborder et vivre leur retraite.

 

A lire : l’interview de Jérôme Mlynarczyk, co-fondateur et Responsable de l’innovation technologique au Cardif Lab’, sur les dernières tendances tech de la Silver Economie.

 

Sources :

1Innovation Union: The Silver Economy

2Article de l’Express, Silver économie : les seniors valent de l’or

3Etude Credoc 2013

4Article La Tribune, selon une étude du cabinet Strategy Analytics

5Etude Doro auprès de seniors de 5 pays européens (France, Allemagne, Italie, Grande-Bretagne et Suède) entre janvier et février 2016