Poids des dépenses de retraites dans l'économie et structure des revenus des personnes retraitées
18/03/2011
Il existe une autre façon de comparer les systèmes de retraite : en mesurant leur poids dans l'économie, et la structure des revenus des personnes âgées.
Le poids des dépenses publiques de retraite dans le produit intérieur brut représente un bon indicateur de la « générosité » globale des systèmes publics de retraite.
En 2005, la moyenne de l'OCDE s'établissait à 7,2% du PIB (en progression de 16,4% depuis 1990). Beaucoup de pays européens affichaient des pourcentages très supérieurs à ce chiffre : la France (12,4%), l'Italie (14%), l'Allemagne et la Pologne (11,4%). D'autres, comme la Suède (7,7%) ou l'Espagne (8,1%) se rapprochaient de cette moyenne.
Plusieurs pays, en revanche, consacraient une part relativement peu élevée de leur PIB aux dépenses de retraite : c'est le cas des pays où le rôle des fonds privés est plus développé, comme le Royaume-Uni (5,7%), l'Irlande (3,4%) ou le Danemark (5,4%).
Mais il faut garder en tête que dans le cas de ces systèmes, l'Etat accorde généralement des garanties et des avantages fiscaux pour les contributions à l'épargne retraite ; la dépense publique en faveur des personnes âgées y est donc plus élevée que ne le laissent paraître ces chiffres ; lorsqu'on prend en compte l'ensemble des dépenses publiques et privées de retraite, on retrouve des niveaux beaucoup plus proches de ceux atteints par la France et l'Allemagne.
Plus significative encore est la structure des revenus des plus de 65 ans : dans chacun de ces pays, quelle est la part des ressources des personnes âgées qui provient de pensions publiques, des revenus des capitaux, et des revenus du travail ? En d'autres termes, de quoi vivent les retraités ? Les situations, là encore, sont très diverses. Les retraités français tirent 85% de leurs revenus des transferts publics ; c'est le chiffre le plus élevé d'Europe après la Hongrie. En Suède, en Espagne, en Italie, en Allemagne, on est autour de 70%. Au Royaume-Uni, en Irlande, aux Pays-Bas, on tombe à 50%.
D'où vient le reste ? la part des revenus du travail est elle aussi très variable, et dénote la diversité des situations au regard du travail des seniors. En France, les plus de 65 ans tirent du travail 6,5% de leur revenu, contre 10% en Suède, 12% en Allemagne et au Royaume-Uni, plus de 20% en Pologne et en Irlande, 24% en Italie et en Espagne. La part des revenus des capitaux, naturellement, est élevée dans les pays qui recourent aux fonds privés : autour de 40% au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, encore 21% en Suède, 15% en Allemagne, mais seulement 8% en France.
La grande diversité des régimes européens rend donc extrêmement difficile la comparaison des systèmes et des réformes. Le modèle français semble se rapprocher davantage de celui de l'Allemagne (haut niveau global de prestations publiques, retraite à taux plein à 67 ans, longue durée de cotisation nécessaire pour partir plus tôt), avec un moindre recours à la capitalisation et une meilleure couverture des plus démunis – sur fond de démographie plus dynamique.
En savoir plus :
- Le site La-retraite-en-clair.fr








