La retraite : un défi mondial

La retraite en Europe : chiffres, réformes et débats

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18/03/2011

La retraite en Europe : chiffres, réformes et débats

Les pays européens ont commencé au tournant des années 1990 à se poser la question de la pérennité de leurs systèmes de retraite. Depuis, tous ont entrepris, parfois à plusieurs reprises, de réformer leurs régimes.


La diversité de leurs histoires et de leurs situations économiques et démographiques s'est traduite par des choix différents, même si des convergences se manifestent.


La situation démographique des pays européens


L'Union Européenne  estime que la population active des 27 devrait décroître de 50 millions d'individus entre 2008 et 2060, pendant que le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans augmenterait de 67 millions. Le taux de dépendance, c'est-à-dire le nombre de personnes âgées par personne en âge de travailler, augmenterait donc considérablement, passant de 25% à 53%.

Globalement, l'effort financier à fournir pour assurer les pensions de retraite devrait donc s'accroître. Mais tous les pays ne sont pas exactement dans la même situation, en raison notamment de la différence des taux de fécondité.


La France et l'Irlande, dans une moindre mesure le Royaume-Uni et la Suède, conservent des taux de fécondité relativement élevés (2 pour les premières, 1,8 pour les seconds) par rapport à la moyenne européenne (1,5). En conséquence, les projections tablent sur des taux de dépendance autour de 42 à 45% à l'horizon 2060.


Allemagne, Italie, Espagne, au contraire, font moins d'enfants que la moyenne, et subiraient des taux de dépendance d'environ 60% ; dans les pays de l'Est, on monte plus haut encore, parfois à la limite de 70%.


Des histoires différentes


Dans toute l'Europe, l'après-guerre a été marqué par la mise en place d'un Etat-Providence étendu, avec des systèmes de solidarité qui mutualisent les ressources allouées à la santé, à la famille, au chômage, à la vieillesse. Ces systèmes, en particulier les régimes de retraites, n'ont cependant pas toujours pris les mêmes formes.


On distinguait à l'époque deux types de systèmes de retraite :

  • les systèmes dits « bismarckiens », du nom du Chancelier Bismarck qui a créé le système allemand d'assurance vieillesse en 1889 : les salariés cotisent toute leur vie dans le cadre de leur entreprise, et perçoivent à la retraite une pension proportionnelle à leurs cotisations. Avantage : chacun perçoit en fonction de ce qu'il a cotisé. Inconvénient : ceux qui n'ont pas travaillé, ou ont connu des incidents de parcours, perçoivent peu ou pas du tout de retraite.
  • les systèmes dits « beveridgiens », du nom de William Beveridge, homme politique anglais et théoricien de l'Etat-Providence, auteur d'un rapport célèbre sur le sujet en 1942 : l'impôt finance une pension universelle, ouverte à toutes les personnes âgées sans condition. Avantage : tout le monde bénéficie d'une couverture minimum, et chacun peut à son gré prévoir une épargne pour s'assurer des revenus complémentaires. Inconvénient : les individus ne sont pas incités à épargner, et ceux qui ne le font pas voient leur niveau de vie chuter à la retraite.


En France, en Italie, comme en Allemagne, le modèle était initialement « bismarckien » : assurance vieillesse dans le cadre de l'entreprise. Au Royaume-Uni et dans les pays scandinaves prévalait une inspiration « béveridgienne » : minimum vieillesse garanti par l'impôt. 


Mais ces distinctions originelles se sont très vite estompées, chaque pays tendant à corriger les lacunes de son système en introduisant des dispositifs inspirés de l'autre modèle. C'est ainsi qu'un minimum vieillesse a été introduit en France en 1956 et en Italie en 1969 – mais jamais véritablement en Allemagne. Le Royaume-Uni a créé, en 1975, en plus de la pension minimum, un système de retraite par répartition alimenté par des cotisations sociales – même si les assurés ont gardé la faculté de souscrire des contrats privés à la place.

Les pays de l'Est ont connu une histoire un peu différente : dans les années 1990, ils ont mis en place sous l'influence de la Banque Mondiale des systèmes qui alliaient, dès le départ, un régime de base par répartition assurant une pension minimale et des régimes par capitalisation – un peu sur le modèle anglo-saxon. Depuis, ils ont évolué dans des directions différentes.
En pratique, on trouve autant de modèles que de pays, mais tous s'efforcent de répondre d'une façon ou d'une autre aux différents problèmes que pose la retraite : fournir une couverture minimum à l'ensemble de la population, tout en permettant à chacun d'améliorer sa pension en fonction de ses moyens ; introduire une dose plus ou moins grande de redistribution ; garantir le financement et l'équilibre des systèmes.


Tous les systèmes allient ainsi, à doses différentes, répartition et capitalisation, pensions minimales et pensions proportionnelles aux contributions, public et privé, régimes obligatoires et facultatifs… Les paramètres et leurs combinaisons sont nombreux (http://www.ecopublix.eu/2008/01/le-problme-des-retraites-les-systmes-de.html).

 

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